photo fille en road trip
Australie,  Société

Comment un road trip a changé ma vie

Retour sur deux mois de road trip lors de mon PVT en Australie

photo fille en road trip
Pixabay


Soixante-deux jours sur la route

Je vais commencer cet article par un (très) bref résumé de cette aventure. Durant mon PVT en Australie, j’ai effectué un road trip, un tour de l’Australie de plus de deux mois. J’ai acheté une voiture (un SUV), que j’ai moi-même aménagé. Rien de bien compliqué : j’ai simplement installé une structure en bois à l’arrière, sur laquelle j’ai installé un matelas en mousse deux places. En-dessous, j’avais de la place pour ranger toutes mes affaires.

installation du lit dans la voiture pour le road trip



C’est donc avec mon lit dans ma voiture que je suis partie sur les routes australiennes le 6 mars 2019. Je n’étais pas seule, mais j’y reviendrai plus tard. Nous avons fait le tour du pays. Littéralement. Nous avons roulé vingt-cinq mille kilomètres et avons passé soixante deux nuits dans nos voitures. Nous étions très souvent au milieu de rien, à faire du camping sauvage en pleine nature. L’Australie, c’est très grand et très vide. La plupart du temps, nous passions la nuit sur des bords de route avec rien ni personne à des kilomètres à la ronde. Et c’était génial.

installation finale voiture road trip



Prendre du recul

Outre le fait que j’ai adoré chaque jour passé sur la route, je n’étais pas encore consciente de tout ce que cette aventure allait m’apporter. Je le comprends en ce moment, presque un an plus tard. Je me rends compte aujourd’hui que ce que j’ai vécu à ce moment-là m’a préparée à ce qui va suivre. Il m’aura ouvert les yeux et l’esprit sur une autre manière de vivre.


Ne plus vivre enfermée

Je me souviens m’être souvent dit, durant le road trip : “Tu ne pourras plus jamais vivre enfermée entre quatre murs, après ça“. C’est vrai, nous vivions dehors. Tout le temps. Sans arrêt. Nous bougions tous les jours, découvrions chaque matin de nouveaux paysages. Nous étions complètement libres !
And guess what ? Je vous écris depuis mon appartement en plein centre ville, dans lequel je passe en ce moment 98% de mon temps. Et pourtant, je vous le jure, ça me paraissait complètement insensé de revenir à ce mode de vie. Mais justement, aujourd’hui, je commence à réaliser que je ne vais pas le garder longtemps.
Ce tour de l’Australie m’aura donc appris une première chose : l’être humain n’est pas fait pour vivre enfermé, et encore moins quand le monde a de si belles choses à offrir.


Vivre avec peu

Pour que ce road trip soit possible, nous avons dû faire extrêmement attention à nos dépenses. Nous aurions pu économiser assez avant de partir pour profiter à fond du voyage, mais ça ne s’est pas passé comme ça parce que nous n’avions pas vraiment prévu de partir aussi longtemps, et encore moins de faire tout le tour de l’Australie. Alors il a fallu se restreindre pour continuer notre route.

Le fuel était clairement le plus gros de nos dépenses, étant donné que nous n’avions aucun frais de logement à payer. Il ne restait qu’à nous nourrir : de mémoire, je devais dépenser environ 40 $AUS par semaine en nourriture. Nos repas étaient essentiellement composés de boîte de thons, pain de mie, salades composées et œufs. Notre garde-robe tenait dans un backpack, celui avec lequel nous étions venues. Pour le reste : une poêle, une casserole, un réchaud à gaz, des couverts, une assiette, un mug, des tupperware, une éponge, une bassine, du liquide vaisselle, un réservoir d’eau, une table pliante et une chaise pliante. Et c’était tout. Le minimum syndical.
Non seulement nous ne manquions jamais de rien, mais je ne me suis jamais sentie aussi libre qu’en cette période.

Devoir me couper de toutes mes possessions, c’est clairement quelque chose qui m’aurait effrayée, avant. C’était une concession que je n’aurais pas été prête à faire, même pour une vie de nomade de rêve. Parce que, sachez-le, il n’y a pas de miracle : les personnes voyagent toute leur vie, les digital nomad, ils ne possèdent pas grand chose. Seulement ce qu’il y a dans leur sac à dos.


Gérer mon argent

J’ai décollé pour l’Australie à 22 ans, après avoir obtenu ma licence de philosophie. Je vivais déjà seule depuis quatre ans, mais je n’arrivais pas à gérer mon argent. Je ne tenais pas mes comptes, je ne regardais jamais combien il me restait, je dépensais sans faire attention. C’était pire que ça : j’avais un blocage, et j’étais persuadée de ne pas être capable de me gérer financièrement.

Mais voilà, ce tour de l’Australie aura aussi changé ça ! J’ai terminé ce road trip avec 80 $AUS sur mon compte en banque. Si on m’avait dit, au moment de partir, que nous allions parcourir autant de kilomètres, je ne l’aurais pas cru. Parce que j’étais persuadée de ne pas avoir l’argent pour.
Mais j’ai fait en sorte de pouvoir, et depuis que je suis rentrée de ce voyage, deux choses ont changé : je sais toujours combien il me reste sur mon compte, et je ne dépense plus jamais inutilement. Je ne consomme que le nécessaire. Et, le plus important, c’est que je n’ai pas la sensation de me priver. Je suis juste devenue raisonnable. J’ai revu l’ordre de mes priorités.


Une préparation pour l’avenir

Ce que je veux vous dire à travers tout ça, ce n’est pas seulement que cette expérience à impacté de façon concrète mon quotidien. Non, c’est qu’elle impacte également mon avenir, et il m’aura fallu tout ce temps pour voir à quel point. Depuis que j’ai commencé à écrire en ligne, et pour la première fois de ma vie après des mois de tergiversions, j’avance. Je commence à y voir plus clair, à savoir un peu plus chaque jour ce que je veux vraiment pour mon avenir.

Les idées qui me viennent ces jours-ci (mode de vie alternatif, vie nomade, freelancing…) m’auraient semblé irréalisables il y a un an.
D’abord parce que ça ne m’intéressait pas – j’envisageais plutôt une belle carrière bien payée, et le mode qui va avec – mais aussi parce que je m’en pensais incapable. Du moins, je me pensais incapable d’en avoir envie. Parce que oui, il suffit d’avoir envie. Une fois que l’envie est là, il ne reste qu’à mettre les moyens nécessaires en place pour y arriver. Et ça commence par (coucou Change ma vie) combattre ses peurs et ses barrières.


Ce road trip aura déjà fait une bonne partie du travail pour moi. Cette expérience m’a appris que vivre plus près de la nature m’est vital, qu’on peut faire plus de choses quand on dépense moins, et que c’est le meilleur moyen de se sentir libre. Et, je vous assure, sans ça, je n’aurais jamais été capable d’envisager autre chose qu’une vie toute tracée. Sans ça, j’aurais eu une perspective d’avenir bien plus malheureuse que celle qui se présente à moi aujourd’hui.

nos voitures au bord des falaises pour passer la nuit
Une nuit au bord des falaises à Nullarbor



Conclusion

Oui, aujourd’hui, je conclus ! Parce qu’il y a quelque chose à fêter. Un jour, j’ai écris que j’étais partie en Australie en étant persuadée que ce voyage allait changer ma vie; mais que je m’étais trompée. Que le retour à la réalité avait été brutal car, non seulement cette fantastique aventure était terminée, mais qu’en plus j’étais de retour à la case départ.

Je me suis complètement plantée. Ce voyage a bel et bien changé ma vie. J’avais juste besoin d’un peu de recul pour m’en rendre compte.

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